jeudi, septembre 29, 2005
Plutard, je veux etre Ruscha...

Hier soir a eu lieu une conference que j'aurais vraiment ete idiote de rater. Linda Norden, curator de son etat, venait nous parler de son travail avec Ed Ruscha, pour le pavillon americain lors de la biennale de Venise.
"Course of Empire", tel est le titre de l'exposition, emprunte a une serie de tableaux de Thomas Cole.
Je m'attendait a une enieme personnalite du fantastique monde de l'art, pretentieuse et jargonnante. J'etais juste a des milliers de km de la realite. Non seulement sa presentation etait brillante, mais elle etait humaine, chaleureuse et honnete.
Ruscha, je ne l'ai decouvert que l'annee derniere, apres tout cela ne fait que cinquante ans qu'il travaille et est reconnu pour son oeuvre... J'avais ete bluffee par ses montagnes palyndrome, par ses Hollywood, ses standard oil station, mais je ne connaissais pas ses derniers travaux. En gros, des buildings iconoques, cadres de facon a ce que l'on ne voit pas le sol, et des ciels, le tout dans un format cinema...
Je suis a la fois jalouse de la beaute de ses tableaux, jalouse de leur simplicite, mais cela m'a egalement donne envie de reprendre mes travaux de l'annee derniere, d'y revenir et d'effectuer des changement.
Les images que nous a presente Linda Norden etaient d'une qualite impeccable. Pour la biennale, ils avaient decide de tirer partie de la symetrie du batiment. La symetrie est tres importante dans le travail de Ruscha (Tulsa slut par ex.) “Ed had wanted to do Venice for the past 30 years. He loved the building as well as the prestige of the Biennale. He said ‘What do you do?’ I said ‘I think it is crucial that the project be really specific to the space. I knew the building and we talked about its symmetry. Donna (Desalvo) suggested that we leave the rotunda empty which we did. I thought it was important that people not feel that they had seen the work before. He made new work for the installation. I particularly liked the earlier ‘Blue Collar’ series which was done in black and white (based on photographs of industrial landscapes). He said ‘How long will you be in LA’ and I answered ‘About a week.’ He said ‘Come back in 48 hours.’ He subsequently created a new series of works, in color, that relate to the original 1992 series.”
Elle a egalement parle de sa vision du metier. Combien elle deteste cette tendance des musee a tout expliquer sans jamais laisser de place a l'experience propre du spectateur, sans laisser de place a son sens critique en l'ecrasant sous des informations pas toujours necessaires.
"What I hope this exhibition will help to do," said Norden, "is to get people to suspend their judgment and to learn to approach these works with the question, What is going on here? I think in that way, you can develop criteria by which to make informed judgments."
Ruscha est vraiment une brute. Il doit venir dans les mois qui viennent pour une conference au musee. Evidemment les places ont ete prise d'assaut. Mais j'espere bien pouvoir en gagner une a la tombola de l'ecole!
“Ruscha has figured out a way to paint that captures information before it’s processed. He has managed to seem new for the past 40 years. It’s like he’s always current.”
mardi, septembre 27, 2005
Une soiree a l'opera

C'est dans le cadre sompteux et fraichement renove du vieil opera house de Boston que le concert de Sigur Ros devait prendre place. Une salle immense, croulant sous les dorures chics, vous en prenez plein les mirettes tandis que vos pieds s'enfoncent dans une epaisse moquette lie de vin. Les lumieres s'eteignent et la premiere partie commence. Amina est un quatuor de jeunes filles icelandaises fort sympatiques. Les demoiselles etaient toutes habillees pareilles (une petite robe noir avec un ruban rouge qui souligne la taille) et n'ont quasiment pas adressee la parole au public pour cause de barriere de la langue. Elles nous ont enchantee pendant pres d'une heure avec des morceaux construits en strates. Elles sont toutes quatre multi instrumentistes et pas des moindre. Il y a eu des cordes ( violon, violoncelle), du synthe, du piano metallique pour mini enfant (un truc de quarante cm de large avec un son etonnant), elles ont fait sonner des clochettes, ont fait chanter des verres, et ont meme joue de la scie musicale. Le plus charmant etant cette facon de bidouiller leur morceaux en dodelinant de la tete, telle des gamines construisant des mondes imaginaires dans leur chambre. De la musique d'elfe comme les icelandais savent si bien faire. Un tres beau moment longuement applaudi par le public. On allait les revoir plutard.
Puis vint le tour de Sigur Ros. La scene est apparue dissimulee derriere un fin voilage, ne laissant appercevoir que des ombres mouvantes, auxquelles venait se superposer des projections video. Un ouverture a vous couper le souffle, et cette intensite n'a jamais faiblie pendant les 1h45 de concert. Une atmosphere planante, parfois brutale, interprete parfaitement par les quatre musiciens. Amina est venue renforcer le mur de sons du groupe, saupoudrant le tout de pizzicati et autres cordes. Sigur Ros, c'est a la fois une musique mais aussi un spectacle: voir le chanteur s'arcbouter pour sortir les sons les plus incroyables de sa guitarre (il en joue avec un archet), ou encore le bassiste rythmer sa ligne a l'aide d'une baguette (de batterie). 1h45 d'hallucination. Au milieu du set, ils se sont arretes en plein milieu d'une chanson laissant les dernieres notes en suspend. Plus un mouvement, plus une respiration. Dans la salle pas un bruit. 90 secondes de parenthese, d'apesenteur. De tension aussi, chaque personne priant pour que nul ne vienne briser ce moment. Quelque chose de John Cage. Puis ils sont repartis de plus belle dans une explosion de sons. Ce soir la, ils ont repousse les limites de ce que l'on peu attendre d'un groupe.
Pour ceux que ca interresse, j'ai recupere la set list. Globalement cela ressemble aux chapitres du catalogue Ikea.
I
Glosoli
Ny batteri
Saeglopur
Vaka
Gong
Andvari
Vidrar vel til loftarasa
Hoppipolla
Mea bloanasir
Hafsol
Smal Kifa
Popplagia
lundi, septembre 26, 2005
Le sourire de Mona Lisa.

Je ne sais pas si vous avez vu ce monument du cinema... je recadre pour ceux qui seraient passes a cote: le film est produit et interprete par Julia Roberts (qui a pour specificite d'avoir deux fois plus de dents qu'un individu normal). C'est une sorte de cercle des poetes disparus, sauf que l'Histoire de l'art (et le prof qui va avec, la Roberts en question) est ce qui sauve ces jeunes oies. Le tout se deroule dans une universite de jeunes filles, dans les annees cinquante. Nous y reviendrons plutard et vous comprendrez alors le pourquoi du comment de cette reference miteuse.
Mercredi dernier Devin Davis a debarque de Chicago. il venait a Boston pour y donner un concert. Vous l'aurez compris, le jeune homme est musicien. Le concert a lieu a deux heures de Boston. C'etait l'occasion revee de sortir de la ville et de voir un concert, ce qui n'est jamais desagreable. Jeudi apres midi, nous voila parti dans la caisse de location direction un bled du fin fond du Macheteschaussettes. Je comprends alors qu'il va jouer dans une universite, et qui dit universite dit public pas facile et peut etre meme un peu raide (car soit connaisseur, soit idiot). Passons sur les differentes peripeties (on s'est paume, on a cru un moment ne devoir se nourrir que de Cheetos pour survivre, sorte de biscuit apero ayant pour particularite de marquer tes doigts d'un delicat orange fluo. C'est bien connu le cheddar, ca tache, surtout lorsqu'il est radioactif...). Nous voici debarquant sur un magnifique campus en carton pate, sorte de maquette echelle 1 s'inspirant des campus anglais. Batiments pompeux et grandiloquents dissemines autour d'un lac/riviere oeuvrant pour la reproduction des anguilles locales (veridique!), un parc sompteux s'etendant a perte de vue, avec des chenes magnifiques, le tout sur une pelouse tondue aux ciseaux a ongles, et eclaire par un couche de soleil rose de carte postale. Legere hallucination sur le cadre donc.
Toutefois, il y avait un truc qui clochait, mais je n'arrivait pas a mettre le doigt dessus, lorsque la verite s'abattit sur moi: pas un seul homme a l'horizon. Que des filles. Et ce sur plusieurs hectares. J'ai eu l'etrange impression d'avoir passe la porte des etoiles et d'avoir atterri dans une societe exclusiment feminine, ou les deux trois hommes presents sont aux services des femmes. Effectivement, les quelques hommes sont soit cuistots, soit caissier au self,...
Evidement quand deux specimens masculins debarquent sur le campus, ca se remarque un chouilla. Il fallait voir Devin et Alex qui n'en menaient pas larges, tentant vaguement d'echapper aux regards affames "yummi! fresh meat" de la moitie des nanas. L'autre moitie etant beaucoup trop occupees a me lancer des regards interressees. Sur le campus la moitie des nanas sont lesbiennes. Je n'ai jamais vu autant de photos des nichons d'Anjelina Jolie au metre carre, c'est simple, c'est la reine des dortoirs.
Le concert s'est bien passe, si ce n'est l'autre musicien qui jouait avant, et qui etait vraiment mediocre. Un Elton John sans le talent et sans Bernie Taupin... Devin est super sur scene. Normalemant il joue avec un groupe comprenant une section de cuivres. La il etait seul avec ses samplers et cela rendait vraiment bien. Il a fait deux reprises: une de Neil Young et une des talking heads. Que du bonheur en somme.
Allez jetter un coup d'oeil a son site http://www.devindaviswebsite.com/ , vous ne serez pas decu du voyage. Il y a quelques titres de son album, ainsi que des live.
mardi, septembre 20, 2005
Des choses que font les americains

La premiere, a laquelle j'ai vraiment du mal a m'habituer, c'est le "hug". Chez nous quand tu croises quelqu'un que tu connais, tu lui claque la bise, point barre. Ici, ils te serrent dans leur bras, ce qui est a chaque fois une surprise pour moi. J'ai toujours un leger moment de panique : oulala, mais qu'est ce qu'il fait? Il s'approche beaucoup trop! Ca declenche a chaque fois la petite lumiere rouge du signal "intrusion dans espace vital". Encore ce matin, Aliza m'a presente un de ses potes hongrois (personne n'est parfait). Et bien, il m'a litterallement prise dans ses bras et ce pendant une bonne dizaine de secondes. Il etait accompagne de son dogue, lui aussi hongrois (sorte de chien absolument gigantesque), ce qui n'a fait qu'accroitre ma surprise.
La deuxieme est leur sale habitude du "hi". Tu peux croiser la meme personne 30 fois dans la journee, a chaque fois elle te donnera du "hi! How you doin?". Il me faut un peu de temps avant de repondre, de repasser en mode anglais afin d'avoir une prononciation comprehensible, et generalement les gens sont deja loin quand je suis prete a dire quelques chose. Je n'ai pas encore bien compris ce que tu es cense repondre, j'evite de croiser le regard des gens. En gros je rase les murs, en regardant mes pieds. Il faut aussi prendre en consideration que dans le lot, il y a les relous a qui tu prefererais ne pas avoir a parler. Mais bon, ca, c'est pareil en France.
Cela ne se limite pas aux murs de l'ecole et aux gens que tu croises tous les jours. Non, non, non, meme les inconnus dans la rue te disent "hi". Jeudi dernier, (alors que j'essayais de trouver un moyen d'assister au concert de Seu Jorge qui etait archi sold out) j'ai rencontre Najda. Elle a la cinquantaine et bosse en tant que gardienne au musee. Elle est marocaine et en aurait pleuree de pouvoir parler francais. Donc Najda me disait qu'ici, c'est super mal vu de ne pas dire "hi", en particulier par la communaute black. Ils sont super rancuniers envers les blancs, les champs de cotton c'etait sympa, non? Du coup cette apres midi, alors que je recuperais mon velo. Un masse de black a commence a me parler. A la base, il faisait bien deux tetes de plus que moi et le triple de mon poids. Comme je le disais plus haut, il me faut encore du temps avant de formuler une reponse, si l'on rajoutte a cela le fait que je ne suis pas toujours sure de ce que j'ai compris...Comme la fois ou j'avais compris que le chat d'Aliza s'appelait Pablo et parlait espagnol alors qu'il s'agissait de son ancien colloc. Un chat qui parle espagnol, je trouvais ca un peu surprenant aussi. Donc ce type me dit "hey mais c'est le velo qui etait devant chez moi! c'est toi qui l'a chourre!" le tout avec une petite intonation "film de Spike Lee". Ne sachant pas trop sur quel pieds danser, je fronce les sourcils pour lui faire comprendre que meme pas en reve il repart avec mon velo de nain, et j'agitte frenetiquement ma tete de gauche a droite avec un regard mechant pas tres assure infirmant que c'etait MON velo. En meme temps, me revenait a l'esprit les mise en garde de Najda, mais c'etait plus trop le moment de dire "hi". En fait il s'est avere que le type etait juste en train de trouver une accroche pour me dragouiller, mais ca non plus c'etait pas vraiment dans mon programme. Je suis partie sur mon bicloune assez rapidement pour qu'il comprenne bien que j'etais pas trop open, mais en lui lancant un "bye" qui s'est transforme en "hi", ce qui n'avait plus aucun sens.
Je continue a me melanger sacrement les pinceaux. Voulant raconter ma classe de meditation transcendentale (cf maintenant vous etes un arbre) le coach c'est transforme en couch rendant l'histoire encore plus absurde. Une anciennne actrice reconvertie(ble ahahah!) en canape deux places et donnant des cours de relaxation... Apres je m'etonne que les gens ne comprennent rien a ce que je raconte...
Sinon j'ai commence une etude quali sur les one dollar menu. Entendez par la le burger a 99 cents. Apres avoir teste Mc Do, Wendy's et Burger King, et bien c'est le whopper jr (junior car il ne fait que la taille d'un royal cheese francais) de chez Burger king qui l'emporte. Bien evidemment la compet' reste ouverte jusqu'en mai.
lundi, septembre 19, 2005
Vote for Butch.

Ce week end j'ai rencontre la date d'Aliza. Elle s'appelle Chris et vient d'Atlanta. Pour vous situer, Atlanta -je l'ai appris en regardant un docu sur la ville au moment des JO- abrite la plus importante communaute de lesbiennes du pays. Dans ce reportage, on voyait notamment un bar plein a craque de butch, se reunissant autour d'une pinte pour regarder les derniers episodes de Xena la guerriere. Vous ne verrez plus jamais les samedis apres midi de TF1 de la meme maniere. Aliza m'avait decrit Chris comme ayant ce truc physique charmant de Blanche neige: teint d'albatre, immenses yeux bleus et cheveux d'ebene. Elle avait juste ommis de preciser que sa Blanche neige, elle prend des steroides et elle a une moustache qui n'est pas un postiche. Si je choisi le terme de moustache, et non pas celui de duvet, c'est pour coller le plus fidelement possible a la realite. J'ai du fournir un effort surhumain pour la regarder dans les yeux, mon regard etant magnetiquement attire par sa levre superieure...
Sinon la semaine derniere je suis partie en viree avec ma coloc. Nous avons d'abord atterri dans une salle des fete ou se produisait des petits groupes de rock lesbien (ah! la sectorisation sociale americaine...) avec entre autre les "secret cock", autrement dit "les bites cachees". Ce groupe est juste invraisemblable. Au chant, un mec (le seul de toute la salle) qui poussait sa voix dans les aigus, comme au bon temps d'AC/DC. A la guitarre, une copine de Gerri (the girl on a motorbike), globalement un putain de cammionneur, qui s'elancait a corps perdu dans des solo 70's absolument tordants. Et a la batterie une femme ressemblant trait pour trait a Coluche.Perturbant.
Apres nous sommes allez chez James qui donnait une petite fete. James est transexuel. Il etait plutot deprime car son operation vient d'etre repoussee. Du coup son chat ,Betsy , etait egalement un peu a cran. Je n'etais pas cense le savoir, et j'ai fait ce que je fais toujours lorsque je vois un chat: je suis allez le caresser. Nous etions dans une petite piece de l'appart, genre discussion cosy quand soudain, sans crier gare l'animal a miauler et cracher . En fait on aurait juste dit que je venais de tenter de lui arracher une patte. James aime beaucoup son chat, ses amis le savent. Du coup tout le monde m'a lance un regard desaprobateur "c'est pas bien de faire du mal aux animaux". J'etais tres mal a l'aise. L'incident fut rapidement oublie lorsque nous sommes monte sur le toit pour assister a une demonstration de hula hoop. 15 gugusse qui font moulte figure avec des hula hoop de compet', c'est pas commun et c'est chouette!
Maintenant vous etes un arbre...

Je sors a peine d'un cours surrealiste. Les cours de Roger Dale a cote, c'est du pipi de chat. Je me dois de preciser que l'intitule du cours est: survival skills, ou comment ne pas crever la dale (ne pas confondre avec le Dale) quand on est un jeune artiste qui n'en veut. Normalement, on y rencontre des artistes, des curators, et autres acteurs du metier. On y apprend a ecrire des "statements" (court texte de presentation du travail). Aujourd'hui, La prof avait fait venir une actrice, reconvertie en coach. On a eu droit a un petit entrainement de gestion du stress, c'est a dire comment renouer le contact avec ton corps, (pour eviter de vomir sur le curator du gugenheim si tu te trouves dans le meme ascenseur que lui) et rester maitre de ta raison (eviter de gacher ta chance en le noyant dans un flot de paroles ineptes au lieu de tout simplement lui glisser ta carte de visite avec un grand sourire). Elle nous a tout d'abord demande de nous allonger sur le sol, d'enlever nos chaussures -la j'ai commencer a flairer l'arnaque- et a tranquillement tamiser les lumieres. On a pas eu droit au bruits de cascades naturalia, ca m'a presque surprise. Nous voila, 15 couillons allonge par terre, suivant les suggestions de l'actrice/coach/gourou. Reprenez contact avec votre corps, essayez de sentir chacunes de vos articulations, visualisez un couche de soleil, ect... En fait je me suis juste endormie (ne jamais me mettre dans une salle chauffee et peu eclairee, quelques soit la position , le resultat est toujours le meme). Apres la premiere session, elle a demande aux participants de dire ce qu'ils avaient vivualises. J'ai prie tres fort pour qu'elle ne me demande pas car a part lui dire que j'avais legerement bave sur la moquette, je n'avais rien a ajoutter. Evidemment pour le reste des exercices, j'etais moyen fraiche, limite mollusque. Le reste consitant dans une suite inepte de secouage de pieds, mains, tete, de bruit de moteur avec les levres, de frottage de mains pour sentir l'energie...le climax etant atteint lorsque nous avons du former un grand cercle de l'amitie, et faire passer une boule d'energie invisible, que l'on avait au prealable sculpte selon une forme de notre choix. Tous ont trouve cette experience FORMIDABLE. Moi, a part me rendre compte de la violence de mon voisin (il a lance sa boule d'energie imaginaire par terre, avant de sautter dessus a pied joints, et de me la rendre) je n'y ai vu que du vide. Mais bon ...pourquoi pas.
vendredi, septembre 16, 2005
Just a perfect day...

Je viens de realiser que je n'ai pas encore poster sur l'ecole. Globalement, elle ressemble beaucoup aux Art deco. Si ce n'est que les etudiants sont plus jeunes et plus...extravertis: Tous sont couverts de tatouages et de piercings en tous genre. Beaucoup sont des ados qui parlent forts afin de revendiquer leur originalite (i'm in art school, you know!). Je n'ai pas encore de vision globale, mais une bonne partie des gens, du fait de leur age ont des boulots tres "frais". Beaucoup d'experimentations, beaucoup de blabla psy sans valeur pour les expliquer. Ce qui est etonnant, c'est que jamais les profs ne leur rabattent le cacquet. Hier matin donc j'arrivais dans ce cours de peinture de paysage. On devait commencer la session par un tour de table des boulots de chacun. A part une ou deux personnes, les gens se divisaient en deux groupes distincts: Les ados imbuvables mega sur d'eux et qui ne raconte que des conneries et les mamies insupportables mega sures d'elles qui peignent des canniches (je n'invente rien, on a eu droit a 30 minutes de presentation des peintures de chienchien a sa memere, deux canniches respectivement blanc et noir. Elle peignait aussi des cerises en forme de coeur pour le Valentine's day...). C'est a peu pres a ce moment ou je me suis dit qu'il fallait que je choississe un autre cours. J'ai donc ete rejoindre la classe de Ron Rizzi, Death of painting. Il s'agit d'un cours de critique, ou l'on aborde Deleuze, Benjamin, entre autre, ou l'on regarde des docu, des films et ou l'on en parle apres. Tout de suite je me suis sentie mieux. Sauf qu'a un moment la discussion a derape. Le prof me demande d'expliciter le probleme du port du voile a l'ecole en France. Tant bien que mal , je pose les bases, essaye de faire passer le principe de laicite en France. Mais expliquer a des ados ricains, qui ne pensent qu'en noir et blanc (le gris n'existe pas), que la religion est du domaine prive en France, ben c'etait pas gagne. Lorsqu'une legally blonde a commence a s'exiter, du genre "Non la je ne comprend pas en quoi une personne qui porte un voile peut heurter tes croyances", la j'ai dit trop de bons sentiments tuent le bon sentiment. Je me suis vue obligee de repondre poliment "Vous savez, je ne suis pas une specialiste de la question du voile, i am just french..." L'echange etait amusant quand meme.
Apres cela je suis alle rejoindre Alex. On avait prevu de tenter malgre tout (pluie+concert sold out) d'aller voir Sigur Ros accompagne d'un quatuor a cordes, a l'opera house (genre de Palais Garnier avec moquette rouge et dorrures partout. Hyper classe). Grand bien nous en a pris. On est arrivee en avance, avons mis nos noms sur la waiting list et avons...attendu. Nous avons ete les derniers a pouvoir profiter des desistements intempestifs. Sur ce, on etaient tellement contents que l'on a commence a sautter partout (moi surtout). Et comme on est un peu debiles, on a eu un accident de coordination: Au moment ou je donnais l'impulsion d'un eniemme saut, Alex m'a marche sur le pied. On s'est etale de tout notre long en plein mileu du Hall. Devant tout le monde. Comme des merdes. Autant rentabiliser: au lieu de se relever de suite, on est reste allonge sur le dos a rire comme des tordus pendant un bon moment. Je crois que nous sommes fiches a present.
Le concert etait fantastique et merite un post a lui tout seul.
Apres le show, nous avons decide d'aller boire un verre. Atterrisage au Bukowski bar, lieu de reunion du dead authors club et bouge improbable. Le portier etait super rigoureux et bien que lui ayant montre ma carte d'identite, mon permis de conduire, ma carte bancaire, ( et lui ayant propose en me fouttant allegrement de sa gueule ma carte 12/25, ma carte culture et ma carte fidelite superU...) il m'a fait remarquer que, normalement , je ne suis pas autorisee a rentrer dans un bar sans mon passeport! Apres quelques demis, on est parti en direction de Beacon street. J'ai trouve 5$ par terre, ce qui tombait impec, je n'avait plus de cigarettes. Arrive devant chez lui, on a regarde 5mn les boeufs des fraternites beta feta mozza faire la fete en face.
"T'as deja fait partie d'un de ces groupes?
Non, mais j'ai ete president du club de physique de mon lycee.
Et si on s'incrustait?
Ok."
Nous voila partis a l'attaque. Tiedasse l'attaque, parce que l'on etait mort de rire, et que la tactique de se planquer derriere des arbres pour passer inappercu ne marche pas. On se decide a s'assoir au milieu des autres sur le trottoir, esperant ainsi profiter d'un arrivage massif pour s'incruster. Pas de bol, les flics se pointent et un des mec du club vient nous voir en nous demandant de degager sauf si on habite ici. On lui a juste repondu que nous n'habitions pas ici mais la, c'est a dire juste en face! Devant tant de stupidite, il est reste sans voix, ne sachant pas bien si on se moquait de lui, ou si on etait juste fous a lier.
Du coup on a regagne nos escaliers.
On a quand meme reussi a se faire jetter du trottoir!
Bref... Just a perfect day,
Problems all left alone,
Weekenders on our own.
It's such fun.
mercredi, septembre 14, 2005
Jean-Pierre Pernaut, pas si nigaud.

Ca fait des annees que je peste contre la mediocrite des journaux tv, contre la simplicite des racourcis dont ils sont faits. Le 13 heures de TF1, comme d'autres m'a toujours fait halluciner. Je parle evidemment des reportages ineptes portant sur la sculptures de sabots miniatures a la tronconneuse en Haute Savoie, et cie. Je pensais que la tv francaise manquait a son devoir d'education des masses (oui, oui, je sais, j'habite au pays de Candie...). Quel ne fut pas ma surprise de decouvrir les news us. J'avais deja regarder CNN, qui donne une couverture de l'info plutot pro, meme si clairement labellise us ( je ne sais pas si certains d'entre vous aviez vu les clips en musique sur les troupes us arrivant en Irak!). Mais les chaines locales...C'est bien simple au depart j'ai cru que c'etait un canular. Je crois que c'etait sur Fox news, je regardais les premiers reportages sur la Nouvelle Orleans. Devant le surrealisme du traitement de l'info, mon visage s'est decompose. Tout d'abord, la voix off: c'etait le meme mec que celui qui fait toutes les bandes annonces de film (20th century fox, is happy to present you...). Et puis ce traitement hyper affectif de la catastrophe, cela n'avait rien de digne; c'etait mielleux et dur a diggerer. Le pire etant lorsque la voix off s'est mise a comparer la situation catastrophique post Ouragan, avec la situation en Irak..."Dans les deux cas, regardez cette femme qui fuit avec son enfant affame(...)" Plan en slow motion montrant successivement une rescape de Katrina, suivit d'une irakienne avec son bebe dans les bras. Et zou, on envoie les violons...Apres on s'etonne du manicheisme des americains, mais quand tu vois que la tele rapproche une catastrophe naturelle et une guerre "preventive", quelle genre de connections bizarres peuvent se faire dans la tete du spectateur moyen?
Heureusement pour moi, Aliza est arrive. L'avantage aux us, c'est que les campus ont des radios. Deja ca change de la merde que l'on entend sur les fm francaise. La programmation y est diverse, pointue et globalement excitante. Sur l'une de ces radios, il y a "Democracy Now", qui est un journal alternatif. Ce qui est marrant, c'est qu'ici, c'est considere comme une emission de dangereux gauchots alors que globalement , c'est juste a gauche mais pas LCR non plus. Hier il y avait ce reportage surrealiste a la Nouvelle Orleans. Une journaliste interviewait un homme: Cela faisait deux semaine qu'il appellait tous les services de la ville pour demander l'enlevement d'un corps au beau milieu de la rue. "C'est inadmissible. On ne peut pas laisser un corps pourrir comme ca...un minimum de respect des morts. Nous ne sommes pas des animaux." La journaliste partait alors a la rencontre des differents representants de l'autorite ( armee, municipalite, ...) qui se renvoyait toute la balle a tour de role. Irreel.
"Mais pourquoi vous , vous n'enlevez pas ce corps"
"Faut voir ca avec le representant du secteur, mam"
"Vous etes du secteur? Alors pourquoi vous ne l'enlevez pas?"
"Faut voir ca avec le representant du secteur, mam"
Elle a pose sa question dix fois au meme type qui dix fois lui a servi sa reponse robotisee.
En attendant, la depouille de cette homme pourri toujours au beau milieu de la rue.
mardi, septembre 13, 2005
Diabolo et Satanas

Il faudrait etre aveugle (et sourd par la meme occasion) pour ne pas se rendre compte que les ricains conduisent comme des branques. A moins que ce ne soit uniquement les gens du coin qui aient une legere tendance a faire n'importe quoi, quand ils se retrouvent avec un volant entre les mains. Deja il faut bien se rendre compte que le plus gros 4x4 francais fait figure de ridicule smart a cote des mastodontes qu'ils conduisent. En plus de cela, les monstres ne sont pas equipes de vulgaires autoradios. Que nenni. Vu la propension generale a ecouter de la musique a fond (dans les magasins, aeroports, chez eux), les bagnoles sont de veritables sound system ambulants. Quand j'emploie le terme sound system, je veux dire par la que l'integralite du char d'assaut tremble aux rythmes des infra basses. Ca, c'etait donc pour l'aspect auditif.
En ce qui concerne le cote visuel, il est tout simplement merveilleux. Je suppose qu'ils ont tous du decrocher leur permis dans une boite de Bonux. Les U-turns sont quotidiens, voir permanents. Il suffit que tu sois dans la rue pendant cinq minutes, dans une artere suffisament importante (une belle 4 voies, c'est mieux), si possible en pleine heure de pointe pour assister a des scenes surrealistes. Des mecs qui font des 180 degres, avec le frein a main, manquant au passage de cramer dix autres caisses. Mais le plus drole, c'est le cote participatif des passants. En France les gens leveraient les yeux au ciel en signe de contestation, les plus audacieux lacheraient un "whao", traduisant leur surprise devant un acte aussi inconsidere. Ici, c'est tout le trottoir qui interpelle le chauffard (qui n' entendra rien, vu que comme il a le pied au planche, il a deja fait cinq km). Les remarques different en fonction de la classe sociale. Si t'es un WASP ( White Anglo Saxon Protestant) type Ali Mc Beal, tu te contentes d'un: "man, you're a wacko!". Si t'es un black, et qu'en plus t'as tes potes autour de toi, c'est tout de suite plus fleuri: "Oooh Yeah! sure you're a bad ass!".
Hier j'ai vu un mec debouler a fond a un carrefour, piler comme un dingue (trace de pneu, arriere de la voiture qui se decale avec style...) afin d'eviter une jeune maman et sa petite fille. Il est reparti direct en cinquieme, le tout pour piler a nouveau cinquante metres plus loin parce que... c'est la qu'il habitait!
Sur mon bicloune pour nain, j'ai du passer a la vitesse superieure. Deja qu'en temps normal (en France, j'entends), j'ai une facheuse tendance a me transformer en routier mal lune, la j'aborde le stade du syndrome de Tourette. Noms d'oiseaux, bras d'honneur et autre gros doigts en tout genre, mon trajet quotidien est parseme de charmants, mais inutiles echanges avec de gentils automobilistes. Ce qui me sauve pour l'instant, c'est que l'immersion n'est pas encore totale. Je persiste a les adouber de charmants sobriquets francais. Le jour ou je vais passer en mode traduction simultane, il ne faudra pas que j'oubli que mon velo est plus petit que leur voiture, et que dans le cadre d'une battle de stock car, il y a de grande chance pour que je finisse en compression de Cesar. Inutile de parler ici du format moyen de l'habitant du char d'assaut, qui en general est construit selon les meme proportions que le dit char.
Du coup, quand Aliza m'a suggere de mettre un casque, j'ai tout d'abord avance l'excuse de l'experience ("tu sais, moi j'ai 10 ans d'experience du velo a Paris et j'peux t'dire que quand je prends la place de l'Etoile, eh ben c'est pas sur le trottoir"...) mais apres qu'elle m'ait dit que l'annee derniere deux de ses amis etaient morts a velo, j'ai decide de garder ma James Dean attitude pour quand j'aurais 80 balais. Sa copine Gerry (qui se presente au telephone comme "you know, the girl on a motocycle") va peut etre me preter un casque. Je redoute le pire car Gerry , meme si elle n'a pas de barbe, tu te dis qu'elle doit quand meme avoir du poil aux couilles. Peut-etre un casque a pointe?
lundi, septembre 12, 2005
Ce pays est fantastique!

-Ce pays est fantastique: Un mec dans la rue me demande de la monnaie sur un dollar. Je fouille dans mes poches, reunis quatre quarters, et les lui donne. Et la l'individu m'offre la canette de Coca, qu'il avait dans la main.
-Ce pays est fantastique 2: J'etais avec Matthew, un mec de l'atelier qui a 32 ans. Il se dit ancien Hippie pour expliquer son grand age. Ca, c'est la version politiquement correcte. En fait, il a juste passe quinze ans a faire des conneries (dealer de la drogue entre autre) le tout avec une barbe. Donc, nous etions sur un banc en train de discuter quand un mec passe, ramasse un papier sale et nous dit bonjour. Tout le monde te dit bonjour, par contre tout le monde ne ramasse pas les saloperies qui trainent sur le trottoir pour les mettre a la poubelle. La tete du type me disait quelque chose. A Matthew egalement. Sur ce, un troisieme gus vient nous voir et nous dit:" Vous l'avez reconnu? C'est Michael Dukakis!" . On recadre pour les ignares: Ancien candidat democrate aux presidentielles, et ancien gouverneur du Massachussetts. Ce qui etait drole , c'est que le troisieme gus est journaliste au Boston Phoenix: croisement entre les inrocks et le pariscope mais en version journal hebdomadaire. Il vient juste de sortir un bouquin reunissant interviews inedites et discographie sur DJ Shadow ( Endtroducing by Eliot Wilder; allez!on va faire un tour sur amazon, en plus la collection est chouette.)Du coup, J'espere bien voir Hillary Clinton faire du car wash la semaine prochaine.
- Ce pays est fantastique 3: Une fois de plus je suis passe pour une mongolienne, mais dans les pharmacies americaines, tu peux acheter des appareils photos jetables NUMERIQUE! J'etais tellement ebahie que le vendeur a commence a etre pris de sueurs froides. Alors quand ma machoire est encore descendue d'un cran (lorsqu'un peu inquiet , mais toujours pro, il a precise que des cameras numeriques jettables existaient aussi), j'ai cru qu'il allait appeller les flics pour leur signaler une forcenee au rayon photo. Parce qu'il faut preciser que cela s'appelle pharmacie, mais ils y vendent des bonbons, des classeurs, des cartes de voeux...Enfin ils vendent quoi!
Ca n'arrive qu'a moi...

-Je pouvais me moquer d'Alex et de ses fautes de francais, car evidement je ne suis pas en reste. Le deuxieme jour a l'ecole, j'etais avec un groupe de dix personnes en train de faire connaissance, quand me vient l'idee, saugrenue je vous l'accorde, de demander si aux States aussi ils ont les fameux penies anglais. Cela donne, avec mon accent incomprehensible: "Est-ce que vous avez des penis en Amerique?". Gros silence embarrase, les yeux roulent, des regards d'incomprehensions s'echangent; il mettent ca sur la reputation de chaudards des francais. Moi je mouline a fond pour essayer de comprendre pourquoi la reponse met autant de temps a venir, ai-je souleve la question qui fache? Je me vois oblige de preciser:" vous savez les petites pieces de monnaie...". Solitude.
-A chaque intersection, un panneau rappelle aux conducteurs de faire attention aux pietons. "Yield at pedestrians on turn". Pendant deux jours , j'ai cru qu'il signifiait "Yell at pedestrians on turn". Ce qui revient a demander aux conducteurs d'insulter les passants pour qu'ils degage de la chaussee. Get out of the way, you idiot!
-De la cave j'ai recupere un VTT pourri, que j'ai retape illico presto ,afin de retrouver dans les plus bref delais mon statut de bikeuse. Le seul hic etant que la selle etait forcement trop basse, et que j'ai du me trimballer la premiere journee avec globalement une allure de nana qui a vole le bicloune de son petit frere. Deja la, j'etais pas super fiere. Si on rajoutte a cela le fait que , en arrivant dans mon quartier, j'ai ete pris en chasse par un chihuahua... Deja j'avais les genoux en boucle d'oreilles, j'essayais desesperement de les lever plus haut (ce qui releve du contortionnisme a ce stade), le tout pour eviter de me faire rogner les talons par cette saloperie de bujito canin. Les voisins ont eu une vision assez irreel: une gaule a pomme plie en quatre, hurlant morte de rire "AU SECOUR!" (en francais dans le texte) passant en trombe sur un velo pour nain, le tout poursuivie par un chien lui aussi nain (et mexicain)...Re-solitude.
dimanche, septembre 11, 2005
Home sweet home!

Trouver un endroit pour vivre a Boston est a la fois tres simple, la collocation y est tres repandue, et plutot complique, le prix des loyers etant absolument exhorbitant. J'ai commencer a chercher un appart assez rapidement via craigslist ( site d'annonces en ligne) et le bureau des etudiants de l'ecole. C'est via ce dernier que j'ai ete visiter le premier endroit. Une maison en plastique qui ressemble a une maquette demesurement grande de bungalow playmobil, trois collocs . Je n'en ai rencontre qu'un: Ruben. Un poeme, ce garcon. Rose comme un cochon de lait, avec un anneau dans le nez, facon boeuf aux hormones, qui est a l'ecole avec moi et tend a se specialiser dans le clip video. Ca sentait le fan de Green Day a plein nez, le genre de caricature ado qui aime se mettre minable pour impressionner les filles et qui trouve que le skate c'est AWSOME! L'interieure de la baraque ne ressemblait a rien. Je n'ai pas eu besoin de toucher le canape pour visualiser la colonie, que dis-je, la galaxie d'acariens qui vivaient dedans. Je ne voulait pas jouer ma princesse, mais pour 500$ par mois il devait surement exister mieux. Sans parler que la transition Alex/Green day relevait du defi Kho Lanta.
Le lendemain, j'envoyais une rafale de mail a differents individus cherchant de la roomate. La premiere a repondre fut Aliza. Elle vint me chercher a l'ecole en voiture afin de me faire visiter son appart. Deja au telephone, quand pour me donner un indice, elle a precise qu'elle portait un jean rose, je me suis dit que c'etait de bonne augure. La roomate se pointe, tique legerement sur la malbac qui se consumait l'air de rien entre mes doigts, et nous voila parties dans sa honda pourrie. Sa maison est fantastique, meuble avec des trucs des annees 50 a 70. Tout ce que j'aime. En plus elle organise des concerts de rock. Mon cote midinette a glousse interieurement lorsqu'elle m'a demande si ca ne me derangeait pas d'avoir de temps a autre des rock bands qui dorment dans le salon... Elle a des tonnes de super albums , dont l'integrale des talking heads.
Voila pour le cote cool. Pour le cote smart, c'est un drag king. Pour les non inities, une nana qui s'habille en homme et se construit un personnage. Pour les mous du bulbe, donc sur la photo, c'est ma coloc. Evidemment la, elle est en tenue de scene, dans la vie de tout les jours elle porte juste des cravates et ses grosses lunettes. Donc pas de moustache/rouflaquettes au quotidien mais du poil aux pattes qui s'approche plus du cheveux. C'est chose commune aux States, un truc de feministes entre autre.
Pour les curieux vous pouvez allez faire un tour sur son site ( http://www.truthserum.org/ ),il y a des tonnes de photos de ses shows.
Dimanche dernier, il y avait un de ses spectacles chez "Jacques's cabaret". J'ai decide d'y aller avec Alex. Pour l'anecdote, il avait deja rencontre Aliza a un concert qu'elle organisait. Nous voila debarquant chez Jacques, avec Alex dont le grand drame et d'etre pris en permanence pour un gay alors qu'il est hetero. Il m'avait demande d'etre sa "date", pensant que ca le mettrait a l'abri. Tu parles! Cela ne faisait pas un quart d'heure que nous etions arrive qu'une enorme Drag pointe le bout de ses faux seins et repere le pauvre Alex. Il est a present necessaire de visualiser la scene: Alex, 1m90, 40kg tout mouille et Vera, 60 ans, 2m15 (dont 12 cm de talons aiguilles), la voix rocailleuse genre Macha Beranger, des cuisses de rugbyman et des mains legerement balladeuses...Une sorte de Tina Turner blanche avec des collants golden lady et une mini en latex...Alex ne savait pas quoi faire pour s'en debarrasser, du coup il a ete pris d'un leger rire nerveux. Et moi avec mon anglais pourri je ne savais pas comment l'aider. J'ai juste reussi a caser un "don't mess with my man" (merci le R&B) globalement inefficace, vu qu'il fut suivi d'un tonitruant " Now it's MY man, Honey!".
Une belle soiree chez les transgenres. Quelque chose me dit que ce n'est pas la derniere.
vendredi, septembre 09, 2005
L'Amérique, l'Amérique, si c'est un rêve, je le saurai

Voila, ca y est, j'y suis. Pour l'instant les choses se deroulent de facon assez magistrales. J'ai debarque a Boston sans savoir ou j'allais habiter. Une connaissance de connaissance c'etait aimablement proposee de m'accueillir en attendant de trouver un chez moi. La connaissance en question s'appelle Alex. Physicien au MIT, il travaille sur des machinnes bizarres, globalement enormes et qui font plein de trucs ( comme regarder des ions qui courent dans un cylindre). J'etais tres decue lorsque je suis allez visiter son labo: je m'etais imagine une salle de physique de college Quatre etoiles, des paillasses en cuir pleine peau et des eprouvettes en cristal Baccarat. Que nenni, rien de tout ca. Juste des enormes cuves en metal, avec des panneaux te disant que si la lumiere est rouge , ben faut pas approcher sinon tes globes occulaires risquent de sortir de leurs orbites... C'est une grosse arnaque, car a part les panneaux, le reste ressemble a une usine de produits laitiers. Pas de robots qui parlent, pas de chanteur de Weezer dans les couloirs, mais des tonnes a la pelle de geeks!Donc le MIT, ca depote moins dans la realite.
Alex est une version scientifique du Chief Inspector Jacques Clouzot. Il est maladroit, ne peut s'empecher de lever un sourcil en permanence, ce qui lui donne un air meprisant manquant totallement de credibilite. Si l'on ajoutte a cela qu'il ne parle pas tres bien francais, et que du coup il invente regulierement des expressions qui ne veulent rien dire... (ex: Chers poumons pour cauchemard...pas mal!). Il a un chat qui est l'oppose de lui. La bestiole est obese, paresseuse, et a super mauvais caractere. Elle repond au doux prenom de Percy et miaule avec un delicat bruit de grincement de porte.
Il habite juste en face de tout un tas de congregations teen movie, les alpha beta kapa feta. Du coup il y a en permanence des mecs tailles comme des chevaux de traits, qui ont du etre quatter back, sortir avec la chef des pom pom girls, le tout dans une mustang decapotable rouge de 1967.
J'essaye de ne pas trop m'extasier sur les bouches d'egout qui fument, les bruits de sirenes, etc...mais c'est difficile de resister!
Demain j'attaque le sujet roomate qui n'est pas pique des vers, car oui, j'ai une maison maintenant.




