lundi, avril 24, 2006

Final destination , suite et fin.

Airport, ou quand le teen movie vire au film catastrophe.


On avait convenu avec Alex qu'il me laisse un message sur son annonce de repondeur. Il est un des rares americains sans portable. Une fois a JFK, je rallume mon propre telephone cellulaire afin de l'appeller pour savoir ce qu'il en est. Je realise que je n'ai plus de minutes disponibles. Il faut d'urgence que j'achete une carte afin de remettre du temps dans mon telephone. J'appelle le repondeur d'Alex d'une cabine: Il arrive. Sera la vers minuit. m'appelle quand il arrive. Espere bien me trouver.
Il a les references de l'avion, heures d'arrivee, compagnie aerienne.

A partir de cet instant tout est aller de mal en pis. Je ne le sais pas encore mais je m'apprete a vivre la nuit la plus epuisante de foirage. De la loi de murphy dans toute sa splendeur, de l'acharnement du sort.


9h00: Je pars a la recherche de minutes pour mon cell phone. C'est le seul moyen pour Alex de me joindre. On me renseigne sur le terminal 7 ou 4. Direction vers le air train qui relie les differents terminaux. Je trouve un charriot ,du coup je n'ai pas a trimbaler la samsonite en cuir bleu ciel 1964 qu'Aliza a eu la delicatesse de me preter. Je crois encore que la force est avec moi.



9h15:Arrivee au terminal 7 je fais la rencontre de Jordan. Il est responsable du comptoir hotel et location de portable (car oui, ici tu peux louer un portable pour trois jours.) . Je lui demande s'il vend des recharges pour mon truc. Non, il pense que l'on peux seulement les trouver chez Walmart ou dans les convenience stores. Il est deja 9h20 du soir et il faut que je me rende dans un putain de convenience store mais pas trop loin car je dois etre a l'aeroport a minuit. Jordan est marrant. Je lui raconte ma poisse de la journee. Il rigole et decide de m'aider. Il pense m'avoir sorti de ma mauvaise passe et me dis que je n'ai qu'a faire un top up sur my credit card, no Walmart, no convenience store.
Il execute une ou deux manip sur mon portable et commence a parler a Tina, la voix preenregistree de petasse de Virgin mobil qui finit par lui passe Kayla, la vrai hotesse, soualee d'avance, mais professionnelle. Jordan passe un bon moment avec Kayla, lui repetant quatre fois mon numero de carte, il finit par me la passer. Elle prend mon adresse et au bout du compte m'anonce qu'il n'y a pas moyen de faire un top up avec ma visa francaise...

10h00: Je quitte Jordan avec l'adresse d'un seven eleven (le felix potain des amerlocs)ne desesperant toujours pas, decidee a vaincre la legere chienlit qui me colle au basques. C'est alors que je me fait accoster par Joe, qui me demande si je cherche un taxi. Je reponds oui puis comprend que le type n'est pas taxi mais hustler. En gros il emmene des gens sans license. Joe est grand , barbu et un peu rond. Sa chemise de bucheron et son chewing gum bruyant trahissent son origine banlieusarde. Et puis il se met a parler, et je realise qu'il est clairement de Brooklyn. Joe est marrant. Le genre de type qui a fait son education tout seul. Curieux, fute, on commence a discuter en route pour le convenience store.
Je trouve ma recharge sans probleme au seven eleven de Lawrence, soit a petaouchnok de JFK.

11h00: on repart pour l'aeroport. je suis rassuree. Alex va pouvoir m'appeller quand il arrive. Joe m'annonce qu'il n'y a pas d'arrivee avant minuit et demi terminal 4. On continue a discuter alors qu'il tourne dans sa caisse, de terminal en terminal.
On parle de Dean Martin. De la biographie de ce joueur de basket qui s'est tape dix mille femmes. De la difficulte de drague des femmes apres un divorce. Joe m'annonce qu'apres minuit les terminaux sont fermes et peu frequentables apres minuit, et qu'il vaut mieux que j'attende mon ami terminal 4, qui lui est ouvert. Nous continuons a tourner dans JFK en discuttant.

12h00: J'attends d'un instant a l'autre l'appel d'Alex.

12h35: Joe me droppe au terminal 4 et par a la recherche de nouveaux clients. Le terminal 4 est immense. Je n'ai rien avale depuis midi. J'ai fume 15 clopes. Je decide d'investir (10$ le dwich en carton liophylise) dans de la bouffe d'aeroport.

01h15: Je commence a m'inquieter. Pourquoi n'appelle t il pas? Et si il etait au terminal 9? oui mais pourquoi n'appelle t il pas?

01h30: Je rappelle le repondeur , reecoute attentivement: pourquoi dit il "i'll page you" et non "i'll call you". Le doute m'envahit. Je sais ce que c'est un pagger. Et merde. Je demande a un douanier de m'expliquer ce que veut dire le verbe "to pagge". Mes craintes se revelent exactes: to page veut dire faire un appel micro. Il m'annonce egalement que les appels micro sont sectorises, que s'il en a fait un au terminal 9 il y a 1h30, il n'y a pas moyen de l'entendre ici.

01h35: Une lame de panique s'empare de moi. Je presse le pas vers le Air train, direction terminal 9. S'il m'attend depuis minuit, plus le temps passe moins j'ai de chance pour qu'il y soit encore.

01h40: Je suis dans le Air train et realise que dans ma panique je viens de rater le terminal 9. Le train s'enfonce vers l'extemite d'une banlieue inconnue de NY.

01h50: Je suis sur le quaie d'une station de banlieue deserte, au milieu de nulle part, Alex est surement en train de repartir vers Boston. Pourquoi ne m'appelle t il pas? C'est alors que le panneau m'annonce que le prochain train est dans 25 minutes. Il fait froid. Il n'y a personne a part un type louche. Je craque.

02h15: J'arrive dans le terminal depitee. Le seule gardien present a 19 ans. Je l'interromps dans partie de console. Non , il n'y a pas moyen de savoir si quelqu'un a passe une annonce.

03h00: Je ressors fumer ma 50ieme cigarette. Pourquoi ne m'appelle t il pas? Peut etre a t il eu un accident? et s'il s'etait pris un tronc d'arbre? Fantastique au desespoir et a la colere viennent s'ajoutter l'angoisse et la culpabilite. Je me vois devoir annoncer a sa famille son deces lors de son entreprise a venir me chercher en bagnole a point d'heure.

03h30: Je me souviens avoir des polaroids en vrac a prendre. Je decide de photographier cet immense terminal integralement vide. Scene irrelle. Toute vie humaine semble avoir ete aspiree de la surface. Du Robinson Crusoe avec dans le role de Vendredi, un technicien de surface.



04h15: J'ai maintenant une double certitude: Alex est mort et la pellicule de pola a eu un probleme car toutes les photos sont jaunes et ressemblent toutes a des Rothko...Murphy si j'te choppe, je te brise les couilles.

05h00: J'essaiye de m'endormir sur la moquette du hall 3 a cote d'une indienne qui pionse dans du papier journal.

05h15: Je ressors fumer. Les livreurs de journaux commencent a arriver. L'un d'eux regarde mes pola. Il m'offre l'edition du jour dun genre de Sun americain. Il me demande mon number. Je lui dit que je pars pour Munich dans deux heures. Pourquoi Munich? certainnement des reminiscence de Liam Neeson.

05h45: Alex ne viendra pas. J'ai innonde son repondeur de messages. Crescendo. Pas jusqu'a l'insulte mais pire: jusqu'a la froideur sifflante melee d'angoisse. Je repars pour le terminel de Jet Blue, decidee a prendre un vol pour Boston, meme si c'est pour apprendre la mort d'Alex a mon arrivee. Je suis epuisee.

06h00: Il y a un vol a 8h00. L'hotesse m'annonce qu'il est complet. Tout comme celui de 10h00. A vrai dire, elle n'a rien avant 17h00. Et c'est 150$ et par les 45$ parce que c'est a la derniere minute. Je lui demande un instant et par pleurer plus loin.

06h15: L'hotesse a pitie, me demande ce qui m'est arrive. Je lui raconte ma nuit, elle hallucine devant autant de poisse. Elle m'annonce que je suis la premiere a enregistrer sur le vol de 8h00. Elle me fait passer en prioriter. Je me prepare psychologiquement a prendre le vol de 17h00 afin de ne pas avoir de mauvaise surprise.

06h30: J'ai pris mon billet. Alex m'appelle. Il est palot. Je l'entends au son de sa voix. Il a conduit 4 heures allez, 4 heures retour, m'a cherche pendant 2 heures au milieu. Il propose de venir me chercher a Boston vu qu'il a toujours la voiture. Je lui dis que tant qu'a faire, j'aimerais bien faire le trajet aeroport/maison en moins d'une semaine. Merci mais je vais me debrouiller.

08h00: je ne suis pas sure de monter a bord vu que je suis en stand bail, mais bizarrement tout se passe sans accroc.

08h30:L'avion decolle pour Boston et je suis dedans. Incroyable. On a donc de bonnes chances de s'ecraser. Je decide de dormir un peu.


Une heure plus tard j'etais a Boston, Alex etait la et mes parents etaient arrives a Paris, France depuis plus de six heures alors qu'ils etaient partis apres moi. Miami/Boston, 19 heures de voyage.

vendredi, avril 21, 2006

Viva Poppelstrudel!




Les photos du concert sont en ligne: http://www.truthserum.org/images/2006.02.12_bday/
Ne ratez surtout pas les photos de "Fred et Benjo les barjo" en train de faire un lapdance a "Gerry la butch"...

mercredi, avril 19, 2006

Je ne resiste pas...


Notez l'etrange sentiment qui vous envahi apres le rapprochement avec la photo du poste precedent.

mardi, avril 18, 2006

America's most famous fantasy.



J'en connais qui vont etre contents!


http://www.apple.com/trailers/picturehouse/thenotoriousbettiepage/trailer_large.html

lundi, avril 17, 2006

Les femmes, ça crée aussi

par Marie DARRIEUSSECQ
Marie Darrieussecq écrivaine. Dernier ouvrage paru : Zoo (P.O.L).





Men's retreat, Dana Schutz



Venue de la littérature, je découvre le monde de l'art, et j'y apprends beaucoup de choses. Par exemple, que les femmes ne peuvent pas vraiment bâtir d'oeuvre. C'est écrit dans le catalogue consacré au peintre Jean-Marc Bustamante (collection «la Création contemporaine», éditions Flammarion, 2005).
Christine Macel, qui l'interroge avec Xavier Veilhan, lui demande pourquoi les femmes «ne tiennent pas la distance», pourquoi si peu «dépassent les dix ans». «Vous (Bustamante, Veilhan, ou Thomas Hirschhorn, ndlr), vous produisez beaucoup, vous expérimentez dans des dimensions différentes, il y a une sorte de flux. Je me demandais récemment pourquoi ce n'était pas le cas chez les femmes.» Et je pense à Louise Bourgeois, Annette Messager, Gina Pane (ce mot de «flux»), Rebecca Horn ou Jenny Holzer, qui ont encore en effet toutes leurs preuves à faire.
On doit à Christine Macel la décisive exposition Dyonisiac, que j'ai vue début 2005 au Centre Pompidou. Exposition consacrée à des artistes prometteurs, et très instructive : face à la liste des noms, quatorze prénoms masculins, j'en avais conclu qu'il n'y avait aucune artiste prometteuse dans le monde aujourd'hui...
Bustamante renchérit (il faudrait tout citer de son texte inspiré, où l'on retrouve le souffle dix-neuviémiste et grandiose d'un Michelet ou d'un Renan) : «Oui, l'homme a besoin de conquérir des territoires, la femme trouve son territoire et elle y reste... Les femmes cherchent un homme, un homme veut toutes les femmes. La femme, dès qu'elle a trouvé son territoire, elle y reste... Les hommes sont toujours dans la recherche de territoires vierges.»
Selon un préjugé qui remonte aux premières ébauches d'anthropologie, la femme est faite pour l'espace privé (le foyer, le «personnel» que citera plus loin Veilhan) : en bref, l'intériorité vaginale et utérine. Comme si la forme des organes sexuels pouvait fonder une pensée. Une préhistorienne comme Claudine Cohen montre qu'il y a une fiction scientifique totale à penser que M. Cromagnon chassait le mammouth pendant que Mme Cromagnon l'attendait dans la grotte... Tous deux étaient, au mieux et au quotidien, grands chasseurs de féroces belettes.
Il est vrai que dès qu'une femme pénètre sur le soi-disant terrain des hommes, elle se fait traiter de «femme phallique» : c'est le terme de Macel pour décrire Louise Bourgeois. Par un sursaut de pensée historicisante, elle tente ensuite d'excuser ces pauvres femelles attardées : «Les femmes n'ont pu s'exprimer en tant qu'artistes que très récemment, à partir des années 1970, avant il en existait peu.» Sonia Delaunay, Maya Deren, Lili Brick, Germaine Richier, Barbara Hepworth... la liste pourrait être longue de celles qui étaient artistes avant les années 70.
Certes, une femme qui crée doit reprendre des outils ou une langue déjà formatés par un monde d'hommes, ce qui peut ajouter à la confusion de ceux dont la pensée est déjà confuse. Les dominés doivent en effet passer par le champ du dominant pour s'en extraire. Une alternative historique a été de réinventer les outils et symboles traditionnellement féminins, ce qui explique pourquoi les années 70 ont effectivement vu tant de tricots, de draps et de maisons, de sang cyclique et d'humeurs féminines mis en scène dans l'art. Sans rien enlever à leur formidable relecture des corps et des stéréotypes, Orlan, Bourgeois, Messager... ont toutes évolué ensuite dans leurs explorations.
Pourtant, Bustamante leur conteste toute capacité à la mobilité. Je continue à lire, de plus en plus étonnée, apprenant par exemple que Nan Golding n'a «plus vraiment bougé» une fois qu'elle a eu trouvé sa ligne. Mais c'est dans les généralités que Bustamante atteint sa vraie dimension épique : «Les hommes prennent des risques beaucoup plus grands, comme d'être détestés, d'être dans la polémique, d'être longtemps dans des champs difficiles.»
Mais peut-être que Bustamante a raison. A la façon stupide de Monsieur Homais : un discours insultant mais commode, immémorialement conventionnel. C'est tellement rassurant, que la femme reste à la maison ! Avec, en plus (aujourd'hui les femmes travaillent), ce grand frisson à peu de frais, d'avoir l'impression de dire des choses interdites... Aux hommes, donc, les choses difficiles ! Si la femme est faite pour le proche et le facile, c'est sans doute parce que son bébé la tète. Et ce doit être parce qu'elles sont frileuses que les femmes artistes «tricotent» tant, et parce qu'elles sont bornées qu'elles ne cherchent pas à conquérir des «territoires vierges». Il est vrai qu'on trouve encore des gens pour exclure Orlan du champ de l'art, ou Pipilotti Rist, ou Sarah Lucas... Ou pour dire qu'elles ne prennent aucun risque, surtout pas celui d'être détestées... Toutefois, cette notion de risque artistique qu'emploie Bustamante, je la connais bien : elle aussi date un peu, au moins soixante-dix ans, depuis la virile «corne de taureau» de Leiris.
Les femmes artistes seraient donc un peu popotes. Elles se «retranchent dans la case sociale où l'on veut bien les voir» (Veilhan). Mais si on inclut dans la notion d'artiste la musique ou les lettres, alors en effet, une Duras ou une Jelinek ont toujours eu peur de la polémique, une Björk a toujours creusé le même sillon, et Simone Weil était connue pour son côté plan-plan. Ce serait donc en art et strictement en art que les femmes ne sont bonnes qu'à produire des oeuvres au crochet ? Il est vrai qu'il y a les lois du marché... Les galeries, qui les exposent peu... Et certaines femmes elles-mêmes qui, dès qu'elles ont un petit bout de pouvoir, comme Christine Macel, intègrent magnifiquement les préjugés sur leur sexe.
Que les hommes et les femmes produisent des oeuvres différentes me semble une idée riche, intéressante, plus que le prétendu «neutre» souvent mis pour le mot «masculin». Mais comme par hasard, cette différence est généralement utilisée pour minimiser les oeuvres des femmes. Heureusement j'écris, je ne suis pas «artiste», sinon j'oserais penser que j'ai un cerveau, dont la forme n'est pas forcément celle d'une cavité utérine.

Article paru dans Liberation, le lundi 10 avril 2006.

Pour le plaisir, deux autres tableaux de la demoiselle (http://www.cfa-berlin.com/artists/dana_schutz/)


Fanatics, Dana Schutz.


Self Portrait as a Pachyderm, Dana Schutz.

mercredi, mars 29, 2006

Final destination 4 la suite mais en avion



Etre a Miami sans participer au cirque de Miami, c'est comme etre la seule personne sobre dans une fete ou tout le monde est completement raide. Tu as juste l'impression d'etre au zoo. Des bagnoles irreelles et des fesses a l'air, le tout sur fond de boom boom sonores. Et c'est ca en permanence.

Apres un dernier bain de soleil, je suis aller nager une derniere fois. Je suis ressortie de l'eau en faisant semblant de ne pas courrir car une petit requin d'1m50 avait decide de venir nager a mes cotes. S'il etait juste passe a cote. Mais il s'est arrete et a commencer a reluquer mes mollets (je l'ai vu faire le saligaud) Meme si mes jambes ne ressemblent pas a des tortues, j'ai preferee m'eloignee. J'avais pas trop envie de ressembler a ca.


Que les ames sensibles se calment. C'est une photo du plateau de "la plage". La vraie jambe est dans le sable. Ouf!

La ou l'enfer commence:
Mon avion etait prevue vers trois heures, celui de mes parents decollait une heure apres.
Nous etions plutot content des vacances, mais aussi heureux de sortir de ce barnum tropical.
Des notre arrivee a l'aeroport, nous devons nous enquerir aupres d'une hotesse d'une confirmation, par ma part crainte: la reservation de mon billet de retour semble un peu foireuse, la date est bien au 25 mais les initiales du mois sont MAY et non MAR. Rapidement l'hotesse confirme mes craintes; " Ah bah oui, il y a comme une erreur de deux mois...Et puis la avec la music conference plus le spring break... tout est booke jusqu'a mardi 17h00", sachant que l'on est samedi. Pendant 45 minutes je m'imagine campant au milieu de l'aeroport de Miami, sans eau courante, mais avec un rechaud butagaz. Un bonheur inavouable m'envahie: trois jours a manger des sandwichs degueu a 10 $ et trois nuits a dormir sur des accoudoirs. Une goutte de sueur froide commence a perler sur ma tempe. Sans compter que l'ecole reprend lundi. J'envisage toute les possibilite (transiter par San Francisco, prendre le bus pendant trois jours, rentrer a pieds?!!!). Devant mon desarroi, la gentille organisatrice d'American Airlines me propose un vol pour New York qui part dans une heure. Mon ciel semble s'eclaircir.
Entre temps mes parents ont du aller dans un autre terminal pour enregistrer et ma mere pense toujours que sa fille va passer trois jours seule dans un aeroport. Je ne tiens pas trop a ce qu'elle me fasse un arret cardiaque a trois mille pieds. Du coup je commence a remuer ciel et terre pour trouver le numero du comptoir Air France. Je me tape trois fois la bande promo telephonique avec la fille a la voix suave qui m'annonce que Air France a ete elu meilleure compagnie aerienne par le club des grands voyageurs. Trois fois car le premier telephone ne marchait pas et a juste pris mes quarters, le second m'a raccroche au nez quand l'operateur a finalement dit bonjour ,apres cinq minutes de Vivaldi. A la troisieme , le type m'annonce qu'il est a Montreal et ne peux pas faire grand chose pour moi. Je sens deja que la journee ne va pas etre facile, mais j'y crois encore.
Je fini par faire passer le message. Alex a propose de louer une voiture pour venir me chercher a New York et en profitter pour tracer la route dimanche. l'angoisse se dissipe. On va pouvoir faire quelque chose de chouette de ce malencontreux merdier. Je me pose finalement sur une chaise pour souffler. Le type qui est assis juste derriere moi m'intrigue. Il est grand, elegant et pique ma curiosite. Je ne peux m'empecher de faire le tour pour aller voir quelle gueule il a. Mettant en pratique ma tactique de "tu crois que j'me balade mais en fait j'te reluque", je me retrouve nez a nez avec Liam Neeson ( http://www.imdb.com/name/nm0000553/ ). Ma machoire se decroche et a peu pres au meme moment , je me rends compte que ma braguette est ouverte.



J'hesite deux secondes puis decide que ca ne sert a rien d'aller lui parler. Je ne me vois pas trop aller lui dire " j'aime beaucoup votre travail sur la Liste de Schindler". Je me rassure en me disant que si on se crash , nous ferons la une de Entertainment tonight et autre Extra grace a Liam qui entre nous soit dit, a des photos foireuses a son actif.



Le vol se deroule sans encombre, je suis assise a cote d'un mexicain dodu de 60 ans qui ronfle comme un sonneur devant "Good night and good luck". Je decide que George Clooney est decidement meilleur acteur que realisateur. Derriere moi est assis un groupe de lyceens. Ils sont une quinzaine et gloussent depuis le depart. Ils sont rouge de soleil, totallement surexcites. Ils decident d'offrir un snack a Liam, histoire de faire copains copains. Ils confient a l'hotesse la delicate mission d'apporter a la star ses crackers degueux et leur fromage plastique accompagne d'une petite note manuscrite. Ils ne tiennent plus en place. L'hotesse revient visiblement dans un etat extatique de midinette. La main d'hollywood a touchee le papier, avancant sa timidite il ne viendra pas en personne, et Liam remercie poliment les jeunes de cette attention qui on le sent bien l'a rempli de joie.
En descendant de l'avion les crackers moisis et leur fromage orange sont toujours la. Il les a rapidement glisse a cote du catalogue Air mall. Impassibles, dans leur etuit d'origine, vierge de toute approche hollywoodienne. Liam s'est esquive rapido des l'arrivee sur le tarmak. Les lyceens se montraient encore la note, incredules de leur rencontre avec un etre d'une espece rare et superieure.

Final Destination 4


Comme tout bon teen movie, c'est l'histoire d'une bande de potes qui sont partis pour faire le Spring break, entendez par la boire comme des trous, baiser comme des porcs, et si possible dans un cadre idyllique. Voila pour le commencement.
Dans mon histoire, en guise de bande de potes, j'avais mes parents, ceci rendant totallement inique deux des trois options citees ci-dessus. Si ca peux vous aider, la mer etait bleu turquoise, et les palmiers agitaient tranquillement leurs ombres sur un sable eclatant.
Dans un teen movie, a un moment les choses commenceraient a se degrader lentement. Au debut ce serait imperceptible. Une engeulade eclaterait entre deux potes du groupe. Et puis des choses plus etranges. Le milieux paradisiaque deviendrait menacant. Tout bon teen movie qui se respecte finirait sous un amas d'evenements tragiques, ayant esseme son chapelet de mort et autre amputes. Pour moi , vous l'aurez compris, c'etait un peu comme ca mais pas tout a fait quand meme.

Le deuxieme jour, nous avons assiste a des pluies tropicales qui ont commencees alors que nous etions au milieu des everglades dans un air boat. Deja , ca n'etait pas triste: imagine trente personnes essayant deseperement d'enfiler des sacs poubelles, alors que le vent leur arrive en pleine face...Les precipitations nous ont suivies sur la route du retour ou le chauffeur a fait un peu d'aquaplaning avec le minibus, ce qui l'a calme deux minutes, pour finir par passer sur South Beach . Les trottoir etaient recouverts de flyers .On y etait en pleine Winter music conference, soit la reunion des meilleurs dj s de la planete http://www.wintermusicconference.com/schedule.htm. Le trottoir a fini par etre innonde, les bouches d'evacuation etant gave de Cathy Guetta et Nikki Beach. Bref , c'etait waterworld : la plupart des rues sous un bon 30cm , du 95 E qui courrent en maillot dans tout les sens.
Le lendemain, l'art contemporain a failli faire eclater ma cellule familial ):
Martin Oppel
"Miami Hills" 2004
Huile sur toile / Oil on canvas - 68,5 x 137 cm / 27 x 54 inches


Miami est devenu en quelques annes un point important de l'art con.J'avais donc envie de voir ce qui se passait dans ses galeries et ses musees. Nous voila partis, sauf que l'on se trompe de bus et montons dans le "L" alors que nous aurions du prendre le "S", nous apprend le chauffeur du "L". Il nous fait remarquer qu'il y a un "S" devant nous et nous propose de le rattraper. Il ecrase l'accelerateur, arrive a la hauteur du "S" et claxonne afin de faire comprendre la situation a son collegue. Cette derniere refuse de s'arreter et repart de plus belle, mettant notre chauffeur dans une rage evidente. Il commence a la traiter de tous les noms, et depasse allegrement le 50km en ville, remonte l'autre bus, arrive a l'arret et se gare en travers, arretant ainsi de fait le "S". Speed avec un keanu Reeves black et chauve et une Sadra Bullock black et grosse.
Notre sandra Bullock conduisant comme un pieds, quelque temps apres, elle oubli un arret et du coup pile sur les freins, propulsant l'integralite des personnes agees (soit 90% du bus) a l'avant . Deux sont atterris sur mes parents. L'un a punche ma mere dans le nichon gauche, l'autre a donne un gros coup de coude sur la main droite de Jean Pierre qui est devenue un peu bleue. Il fallait voir les gens descendre du bus en la maudissant sur 7 generations.
Nous finnissons par arriver dans le design district, quartier des galeries, sauf que c'est assez etendu et qu'il y a surtout des galeries de design mobilier. On nous apprend que les galerie d'art c'est a Winwood. A ce moment precis, on a quitte l'hotel depuis plus de 2h30 et on a toujours rien vu. On decide de dejeuner.
Winwood c'est pas loin, mais juste assez pour que tu commences a te dire que la journee est quand meme un peu fastidieuse.
Arrive a Winwood, le quartier est immense et en phase de reconversion, toujours un peu craignos mais avec des bar hypes et des magasins branches. On fait une galerie, puis deux , trois. Un constat s'impose: elles sont toutes fermees ou entre deux expos, presentant des murs d'une blancheur immaculee. Un galleriste nous conseille la collection de la famille Rubell , une des plus grosse collection privee, qui s'est recemment offert un ancien batiment de la lutte antidrogue( http://www.rubellfamilycollection.com/). Quelques part entre Beaubourg et le palais de tokyo, des oeuvres conceptuelles pas faciles d'approche. Avant d'entrer, ma mere commencait deja a etre sous l'emprise d'une certaine mauvaise humeur due a la frustration de ne pas voir grand chose et en plus d'etre dans un quartier un peu craignos ( elle s'est fait reluquer les bijoux par un gang de latinos comme il faut). Apres ce fut juste grandiose. C'etait une chose que je n'avais encore jamais teste, mais l'art con a la capacite de mettre ma mere dans un etat de rage interressant. Je me doutais que ca n'allait pas etre facile quand au dejeuner, en parlant de l'abstraction en peinture, maman a commence a avancer les deux arguments classiques du "je te fais le meme demain" et " de toute facon ca ne marchera jamais" et on parlait juste de truc facon Pollock.

Lorsque j'ai compris ou on etait, j'ai crains le pire: des installations a base de cannettes de Buweiser de Cady Noland, en passant par Jim Lambie et sa sculture realiste ou il se met en scene couchant avec lui meme ("ah ba alors maintenant c'est de la pornographie!pfff!nimporte quoi!"), des videos d'enfants sourds chantant des cantates de Bach ( elle a quand meme ri un peu a ce moment la...). Nous sommes ressortis de la avec une Regine sur la ligne de depart, gonflee a bloc. Quand elle ne comprend pas ca l'enerve et ca l'angoisse, et comme je suis fille unique, son angoisse est souvent centralisee autour de mon devenir. Un enchainement capillotracte digne de la pub du sucre a eu lieu dans sa tete: "Alors c'est ca que tu veux faire?" Traduisez, tu veux vraiment faire des merdes pareilles. "Et puis t'es censee le vendre a qui , CA?" Et puis cette annee tu n'as fait que trois toiles et elles ne sont meme pas finies alors tu comptes vivre comment par ce que je te previens on ne va pas continuer a te soutenir pendant 10 ans, et bla, et bla et bla ... Jean Pierre en profite dans ces cas la pour etre pris de fascination pour la moindre saloperie qui traine, genre de toute facon ca ne me concerne pas car je ne suis pas vraiment la. J'ai decide de faire pareille (Oh une station service! ca tombe bien on cherchait un distributeur!)

Je ne pouvais me douter que ce n'etait que le debut d'une suite de merdes gluantes qui m'ont collees aux basques pendant presque 24 heures...

mardi, mars 14, 2006

le vice dans la peau



Moral un peu dans les chaussettes. Ici, je commence a m'emmerder sec, je n'arrive pas a bosser: etre concentree quand tu as un grand noir qui rap dans ton dos, c'est pas facile. Du coup je ne fous pas grand chose, ce qui me deprime un brin , vu qu'a cote ma vie n'est pas d'un ammusement et d'une trepidation ebouriffante (ce soir c'est CSI Miami OU CSI New York?). Sans compter sur le fait que les machines a laver americaines sont globalement inneficaces, il ne m'en faut pas plus pour etre demotivee.
Les semaines de mars ont commencees a l'ESAD et j'avoue que je prefererais etre a Strasbourg...Heureusement dans deux jours mes parents arrivent et m'emmene dans le monde merveilleux des vieux riches frippes mais bronzes. Peut etre meme que je verrais la villa Versace...

Hey! Sonny Crockett! on se pique une tete?


http://www.apple.com/trailers/universal/miamivice/