mardi, juillet 27, 2010

La bière donne soif, ça tombe bien il pleut.

Nous étions prévenus: "heim" est un village. Et après un ultime et péremptoire "à 200 mètres, Tournez à gauche", l'idiote nous annonça "Vous êtes arrivés à votre destination". Le bled était désert. Les petites maisons, parfaitement soignées, étaient alignées suivant un ordre rigoriste so germanique. Pas un péquin à l'horizon, un instant j'ai cru voir un rideau bouger, mais rien n'était moins sûr. Il y avait tellement personne que lorsque nous nous garâmes devant l'hôtel, la réceptionniste sortit de la taverne voisine pour venir nous accueillir. Du jamais vu.
Aaahhhhh! la réceptionniste! Je crois que les choix vestimentaires des allemands n'auront de cesse de m'étonner: une quinquagénée habillée en Diam's croisée avec Paris Hilton, ça nous a laissé un brin pantois. Ce qui ne fit que rajouter au léger malaise post arrivée dans le village des damnés. Bien entendu dans un village aussi petit, la réceptionniste est également serveuse, femme de chambre, barmaid et peut être aussi maire, mais ce n'est pas certain. Première bonne nouvelle: elle parle anglais, ce qui n'empêche absolument pas ma mère de continuer à lui parler en français, comme si de rien était. Ce qui a pour conséquence de faire naître chez elle un léger tremblement de la lèvre supérieure, signe évident de sa déroute intérieure... Was? Et là mon père de caser la blague du séjour: "vasistas!" le tremblement se fit plus prononcé. Je coupais court à la dérive collective au pays de l'absurde en m'emparant des clefs et en la remerciant poliment.
La découverte de lieu fut à la hauteur de nos espoirs les plus fous: l'endroit est tellement cliniquement propre que les pauvres mouches qui ont eut la mauvaise idée de passer la porte de la gasthaus crèvent de faim illico. En même temps nous n'avons pas tardé à découvrir le secret de leurs jardins généreux: un épandage tout aussi généreux de lisier. Du coup celles qui sont restés dehors mangent pour quatre.
La découverte de la chambre fut également un grand moment. La surprise ne fut pas tant visuelle, la vue des tableaux représentant des pandas en train de jouer dans une jungle de bambous dans le couloir nous ayant déjà fait sentir le goût du fruit (Nous reviendrons lors d'un prochain post sur l'importance du panda dans la décoration intérieure locale). Non, la surprise fut olfactive: sur la vingtaine de chambres de cet honorable établissement, il a bien évidemment fallu que j'ai LA chambre qui pue. Vu l'odeur je suppose que les précédents clients avaient tous un problème de sudation excessive des pieds et tentaient de le résoudre en les trainant sur la moquette. A moins que ce ne soit un revêtement de sol recyclé réalisé à partir de vieille chaussettes de foot. Vu le goût allemand pour l'écologie, la seconde option est totalement envisageable. Du coup je vis la fenêtre ouverte, ce qui comporte un double inconvénient. Tout d'abord, ici nous sommes à la fin du mois d'octobre. Il fait 13°C et il tombe des cordes. D'autre part, l'hôtel est quasiment adossé à l'église du village, qui a pour spécificité de sonner tout les quarts d'heure. Un coup pour le quart, deux pour la demi et trois pour moins le quart. Et bien évidemment un nombre de coups équivalent à l'heure pile. Et ce, oh divine surprise de jour comme de nuit. La région a moins de 2% de chômage et je les soupçonne d'avoir embauché un type juste pour donner des coups de marteau sur la cloche suivant la partition expliquée ci-dessus. Du coup l'alternative est simple: c'est soit boule quiès et air frais raffermissant les chairs ou bien calme absolu mais je dors dans un pieds géant. De toute façon ceci importe peu vu que l'intégralité du village démarre au lever du soleil. Notons bien que la femme de chambre passe l'aspirateur dans le couloir à 7h30. Bonheur.

Puis est arrivée l'heure de dîner et nous avons découvert la taverne attenante.

lundi, juillet 26, 2010

J'voulais rester à la cité mon père m'a dit "Nein nein nein"



Une des difficultés lorsque l'on est artiste est de se faire exposer. Alors lorsque l'on m'a gentiment proposé de montrer mes toiles en Allemagne, j'ai dit OUI. Un gros OUI, sans savoir où, comment, ni pourquoi. En bon enfant unique qui se respecte, mes parents se sont trouvés embarqués dans l'aventure, bienheureux de pouvoir aider leur own private Leonardo.

Nous voici donc au départ de Paris, la voiture remplie à ras bord façon tonton du bled, mais version quinzième représente: trop de bagages, des toiles à foison et une glacière remplie de sandwich aux rillettes de canard et foie gras. No comment. Nous avons facile huit heures de route devant nous, ce qui nous laisse tout le temps d'avoir une multitude de discussions fascinantes (t'as pensé à bloquer les fenêtres? Zut j'ai oublié le papier avec l'adresse de l'hôtel. Ah bah non, il est là en fait). Et puis une fois que nous aurons épuisé tous les sujets, l'avantage d'avoir un GPS ainsi qu'un détecteur de radars, c'est que les deux idiotes pourront prendre le relais (mise à jour satellite en cours, dans deux kilomètres tournez à droite, mise à jour satellite terminée). Ce sont certes des échanges limités et un tantinet répétitifs, mais au moins ça meuble, à défaut de mettre l'ambiance. Le temps n'était déjà pas brillant au départ de la capitale, mais plus nous nous approchions de la frontière, et plus le temps se dégradait. Et c'est bien évidemment ce moment précis que nous choisissons pour faire un arrêt pic nic. Nous avons donc mangé nos dwich gastronomiques dans la voiture, sous une pluie tambourinante, le tout sur une aire d'autoroute près de Verdun, clin d'oeil du hasard goguenard je suppose. Nous nous sommes empiffrés à l'étroit mais au sec, illustrant à la virgule près ce vieil adage français: "c'est toujours ça que les allemands n'auront pas".

Et puis nous avons repris notre route et peu après, il arriva l'évidence: à force de pousser vers l'Est, nous passâmes la frontière. Il était impossible de l'ignorer car l'idiote des radars c'était tue et les conducteurs faisaient allègrement du 160km/h. Et puis la musique était devenue "différente", terme politiquement correcte pour dire handicapée. Car si les allemands savent y faire avec la minimale, il en est tout autre pour la variété. Mon Dieu! c'est un coup à vous faire regretter Christophe Maé. Et ce n'est pas comme si je n'étais pas au courant. Au cours de mes 4 ans de formation strasbourgeoise, j'avais déjà pu constater qu'ils étaient "spéciaux". Mais comme tout traumatisme, on finit toujours par l'enfouir au plus profond de son inconscient. Là tout m'est revenu d'un coup. Bam. Le flash stroboscopique. Le mauvais trip en somme. Heureusement c'est à ce stade que le GPS nous a demandé de prendre une sortie d'autoroute fermée depuis 2004 (quelle idée de donner le rôle de copilote à un programme, un programme femme qui plus est!). Nous nous sommes donc égarés quelques temps avant que cette dernière ne reprenne ses esprits. L'infâme variété fut alors ,Dieu merci, couverte par les échanges salés de mes parents. Je décidais alors de me rendormir, le moment étant mal choisi pour imiter Papa Schultz (ce qui je pense risque encore de me divertir pendant quelques jours).

La prise de contact avec la réalité allemande eut lieue de manière frontale lors d'un passage au stand. Nous fûmes accueillis aux portes du magasin de la station service par un skateur tyrolien: petit chapeau en feutre avec-les-plumes-sur-le-côté-sinon- c'est-pas-un-vrai, petite veste autrichienne sur un tshirt Oxbow de 98, pantacourt et vans. Mon regard s'est posé sur lui et j'ai entendu la voix des anges. Pas le temps de profiter de cette apparition, mon regard étant immédiatement attiré ailleurs. Saviez vous que les allemands poussent la qualité du service jusqu'à disposer à l'entrée du magasin un bol de croquettes pour chien accompagné de son jumeau rempli d'eau? Et pas une eau pleine de baves de plein de chiens, non non, une eau claire et propre. Je les soupçonne de pousser le vice jusqu'à le remplir avec de l'evian. Je ne pouvais m'empêcher d'imaginer la même situation en France: flotte croupie et à moitié évaporée, croquettes renversées un peu partout. De toute façon en France ça n'existe pas un point c'est tout. Puis vint la découverte de toilettes. Tout d'abord, l'entrée est défendue par un tourniquet hi tech avec des lumières qui clignotent, une version futuriste de ceux de notre métro parisien, te soulageant allègrement de 50 centimes et t'autorisant, ticket à l'appui, à aller te soulager. Passé le premier réflexe français (sauter le tourniquet au nez et à la barbe du monsieur pipi), j'ai rapidement compris pourquoi ils te font payer. En vrai leurs toilettes, c'est eurodisney plus une oeuvre de Valérie Damidot. Et puis il y a les gogues en eux mêmes, sommet de technicité, presque aussi pointu que les japonais. Je ne savais à quoi m'attendre devant les trois cabines occupés, des bruits robotiques étranges s'en échappant. J'imaginais une plongée en mini sous marins dans les égouts, ou C3-PO me proposant de me masser. Puis j'ai vu: cellule de détection de mouvement enclanchant illico une cuvette tournante ET autonettoyante. Un machin au final propre à générer des situations maladroites à la Peter Sellers. Même le PQ était incroyable, un tissus de cellulose certainement lavable à 30°C. N'ayant pas prévu qu'il fasse un temps d'octobre, et n'ayant donc pris que des débardeurs, je décidais d'en subtiliser deux bons mètres afin de le porter en écharpe et d'éviter ainsi la bronchite foudroyante. Sage décision.

Le reste de la route fut à l'image du voyage, éprouvant. Nous avons en effet été suivi par un orage fin du mondesque qui nous offrit quelques sessions d'aquaplanning de toute beauté. Au moins nous en avons désormais la certitude: notre voiture est amphibie.

Je pensais avoir atteint mon quota d'exotisme teuton pour la journée, mais c'était sans compter sur l'arrivée dans la ville en "Heim".

Réouverture après travaux.


Les amis du bois joli,

J'ai l'inénarrable joie de vous annoncer la réouverture de "conte de faits" après 4 ans d'hibernation intensive. Depuis, la bière à coulée dans les gosiers: je suis revenue en France puis repartie, puis re-revenue et une bonne centaine d'histoires aberrantes me sont arrivées. Du coup, fière d'un joli stock d'imprévus drolatiques, je me vois dans l'obligation professionnelle de vous en faire part.

Et pan (ça, c'était le coup d'envoi).

lundi, avril 24, 2006

Final destination , suite et fin.

Airport, ou quand le teen movie vire au film catastrophe.


On avait convenu avec Alex qu'il me laisse un message sur son annonce de repondeur. Il est un des rares americains sans portable. Une fois a JFK, je rallume mon propre telephone cellulaire afin de l'appeller pour savoir ce qu'il en est. Je realise que je n'ai plus de minutes disponibles. Il faut d'urgence que j'achete une carte afin de remettre du temps dans mon telephone. J'appelle le repondeur d'Alex d'une cabine: Il arrive. Sera la vers minuit. m'appelle quand il arrive. Espere bien me trouver.
Il a les references de l'avion, heures d'arrivee, compagnie aerienne.

A partir de cet instant tout est aller de mal en pis. Je ne le sais pas encore mais je m'apprete a vivre la nuit la plus epuisante de foirage. De la loi de murphy dans toute sa splendeur, de l'acharnement du sort.


9h00: Je pars a la recherche de minutes pour mon cell phone. C'est le seul moyen pour Alex de me joindre. On me renseigne sur le terminal 7 ou 4. Direction vers le air train qui relie les differents terminaux. Je trouve un charriot ,du coup je n'ai pas a trimbaler la samsonite en cuir bleu ciel 1964 qu'Aliza a eu la delicatesse de me preter. Je crois encore que la force est avec moi.



9h15:Arrivee au terminal 7 je fais la rencontre de Jordan. Il est responsable du comptoir hotel et location de portable (car oui, ici tu peux louer un portable pour trois jours.) . Je lui demande s'il vend des recharges pour mon truc. Non, il pense que l'on peux seulement les trouver chez Walmart ou dans les convenience stores. Il est deja 9h20 du soir et il faut que je me rende dans un putain de convenience store mais pas trop loin car je dois etre a l'aeroport a minuit. Jordan est marrant. Je lui raconte ma poisse de la journee. Il rigole et decide de m'aider. Il pense m'avoir sorti de ma mauvaise passe et me dis que je n'ai qu'a faire un top up sur my credit card, no Walmart, no convenience store.
Il execute une ou deux manip sur mon portable et commence a parler a Tina, la voix preenregistree de petasse de Virgin mobil qui finit par lui passe Kayla, la vrai hotesse, soualee d'avance, mais professionnelle. Jordan passe un bon moment avec Kayla, lui repetant quatre fois mon numero de carte, il finit par me la passer. Elle prend mon adresse et au bout du compte m'anonce qu'il n'y a pas moyen de faire un top up avec ma visa francaise...

10h00: Je quitte Jordan avec l'adresse d'un seven eleven (le felix potain des amerlocs)ne desesperant toujours pas, decidee a vaincre la legere chienlit qui me colle au basques. C'est alors que je me fait accoster par Joe, qui me demande si je cherche un taxi. Je reponds oui puis comprend que le type n'est pas taxi mais hustler. En gros il emmene des gens sans license. Joe est grand , barbu et un peu rond. Sa chemise de bucheron et son chewing gum bruyant trahissent son origine banlieusarde. Et puis il se met a parler, et je realise qu'il est clairement de Brooklyn. Joe est marrant. Le genre de type qui a fait son education tout seul. Curieux, fute, on commence a discuter en route pour le convenience store.
Je trouve ma recharge sans probleme au seven eleven de Lawrence, soit a petaouchnok de JFK.

11h00: on repart pour l'aeroport. je suis rassuree. Alex va pouvoir m'appeller quand il arrive. Joe m'annonce qu'il n'y a pas d'arrivee avant minuit et demi terminal 4. On continue a discuter alors qu'il tourne dans sa caisse, de terminal en terminal.
On parle de Dean Martin. De la biographie de ce joueur de basket qui s'est tape dix mille femmes. De la difficulte de drague des femmes apres un divorce. Joe m'annonce qu'apres minuit les terminaux sont fermes et peu frequentables apres minuit, et qu'il vaut mieux que j'attende mon ami terminal 4, qui lui est ouvert. Nous continuons a tourner dans JFK en discuttant.

12h00: J'attends d'un instant a l'autre l'appel d'Alex.

12h35: Joe me droppe au terminal 4 et par a la recherche de nouveaux clients. Le terminal 4 est immense. Je n'ai rien avale depuis midi. J'ai fume 15 clopes. Je decide d'investir (10$ le dwich en carton liophylise) dans de la bouffe d'aeroport.

01h15: Je commence a m'inquieter. Pourquoi n'appelle t il pas? Et si il etait au terminal 9? oui mais pourquoi n'appelle t il pas?

01h30: Je rappelle le repondeur , reecoute attentivement: pourquoi dit il "i'll page you" et non "i'll call you". Le doute m'envahit. Je sais ce que c'est un pagger. Et merde. Je demande a un douanier de m'expliquer ce que veut dire le verbe "to pagge". Mes craintes se revelent exactes: to page veut dire faire un appel micro. Il m'annonce egalement que les appels micro sont sectorises, que s'il en a fait un au terminal 9 il y a 1h30, il n'y a pas moyen de l'entendre ici.

01h35: Une lame de panique s'empare de moi. Je presse le pas vers le Air train, direction terminal 9. S'il m'attend depuis minuit, plus le temps passe moins j'ai de chance pour qu'il y soit encore.

01h40: Je suis dans le Air train et realise que dans ma panique je viens de rater le terminal 9. Le train s'enfonce vers l'extemite d'une banlieue inconnue de NY.

01h50: Je suis sur le quaie d'une station de banlieue deserte, au milieu de nulle part, Alex est surement en train de repartir vers Boston. Pourquoi ne m'appelle t il pas? C'est alors que le panneau m'annonce que le prochain train est dans 25 minutes. Il fait froid. Il n'y a personne a part un type louche. Je craque.

02h15: J'arrive dans le terminal depitee. Le seule gardien present a 19 ans. Je l'interromps dans partie de console. Non , il n'y a pas moyen de savoir si quelqu'un a passe une annonce.

03h00: Je ressors fumer ma 50ieme cigarette. Pourquoi ne m'appelle t il pas? Peut etre a t il eu un accident? et s'il s'etait pris un tronc d'arbre? Fantastique au desespoir et a la colere viennent s'ajoutter l'angoisse et la culpabilite. Je me vois devoir annoncer a sa famille son deces lors de son entreprise a venir me chercher en bagnole a point d'heure.

03h30: Je me souviens avoir des polaroids en vrac a prendre. Je decide de photographier cet immense terminal integralement vide. Scene irrelle. Toute vie humaine semble avoir ete aspiree de la surface. Du Robinson Crusoe avec dans le role de Vendredi, un technicien de surface.



04h15: J'ai maintenant une double certitude: Alex est mort et la pellicule de pola a eu un probleme car toutes les photos sont jaunes et ressemblent toutes a des Rothko...Murphy si j'te choppe, je te brise les couilles.

05h00: J'essaiye de m'endormir sur la moquette du hall 3 a cote d'une indienne qui pionse dans du papier journal.

05h15: Je ressors fumer. Les livreurs de journaux commencent a arriver. L'un d'eux regarde mes pola. Il m'offre l'edition du jour dun genre de Sun americain. Il me demande mon number. Je lui dit que je pars pour Munich dans deux heures. Pourquoi Munich? certainnement des reminiscence de Liam Neeson.

05h45: Alex ne viendra pas. J'ai innonde son repondeur de messages. Crescendo. Pas jusqu'a l'insulte mais pire: jusqu'a la froideur sifflante melee d'angoisse. Je repars pour le terminel de Jet Blue, decidee a prendre un vol pour Boston, meme si c'est pour apprendre la mort d'Alex a mon arrivee. Je suis epuisee.

06h00: Il y a un vol a 8h00. L'hotesse m'annonce qu'il est complet. Tout comme celui de 10h00. A vrai dire, elle n'a rien avant 17h00. Et c'est 150$ et par les 45$ parce que c'est a la derniere minute. Je lui demande un instant et par pleurer plus loin.

06h15: L'hotesse a pitie, me demande ce qui m'est arrive. Je lui raconte ma nuit, elle hallucine devant autant de poisse. Elle m'annonce que je suis la premiere a enregistrer sur le vol de 8h00. Elle me fait passer en prioriter. Je me prepare psychologiquement a prendre le vol de 17h00 afin de ne pas avoir de mauvaise surprise.

06h30: J'ai pris mon billet. Alex m'appelle. Il est palot. Je l'entends au son de sa voix. Il a conduit 4 heures allez, 4 heures retour, m'a cherche pendant 2 heures au milieu. Il propose de venir me chercher a Boston vu qu'il a toujours la voiture. Je lui dis que tant qu'a faire, j'aimerais bien faire le trajet aeroport/maison en moins d'une semaine. Merci mais je vais me debrouiller.

08h00: je ne suis pas sure de monter a bord vu que je suis en stand bail, mais bizarrement tout se passe sans accroc.

08h30:L'avion decolle pour Boston et je suis dedans. Incroyable. On a donc de bonnes chances de s'ecraser. Je decide de dormir un peu.


Une heure plus tard j'etais a Boston, Alex etait la et mes parents etaient arrives a Paris, France depuis plus de six heures alors qu'ils etaient partis apres moi. Miami/Boston, 19 heures de voyage.

vendredi, avril 21, 2006

Viva Poppelstrudel!




Les photos du concert sont en ligne: http://www.truthserum.org/images/2006.02.12_bday/
Ne ratez surtout pas les photos de "Fred et Benjo les barjo" en train de faire un lapdance a "Gerry la butch"...

mercredi, avril 19, 2006

Je ne resiste pas...


Notez l'etrange sentiment qui vous envahi apres le rapprochement avec la photo du poste precedent.

mardi, avril 18, 2006

America's most famous fantasy.



J'en connais qui vont etre contents!


http://www.apple.com/trailers/picturehouse/thenotoriousbettiepage/trailer_large.html

lundi, avril 17, 2006

Les femmes, ça crée aussi

par Marie DARRIEUSSECQ
Marie Darrieussecq écrivaine. Dernier ouvrage paru : Zoo (P.O.L).





Men's retreat, Dana Schutz



Venue de la littérature, je découvre le monde de l'art, et j'y apprends beaucoup de choses. Par exemple, que les femmes ne peuvent pas vraiment bâtir d'oeuvre. C'est écrit dans le catalogue consacré au peintre Jean-Marc Bustamante (collection «la Création contemporaine», éditions Flammarion, 2005).
Christine Macel, qui l'interroge avec Xavier Veilhan, lui demande pourquoi les femmes «ne tiennent pas la distance», pourquoi si peu «dépassent les dix ans». «Vous (Bustamante, Veilhan, ou Thomas Hirschhorn, ndlr), vous produisez beaucoup, vous expérimentez dans des dimensions différentes, il y a une sorte de flux. Je me demandais récemment pourquoi ce n'était pas le cas chez les femmes.» Et je pense à Louise Bourgeois, Annette Messager, Gina Pane (ce mot de «flux»), Rebecca Horn ou Jenny Holzer, qui ont encore en effet toutes leurs preuves à faire.
On doit à Christine Macel la décisive exposition Dyonisiac, que j'ai vue début 2005 au Centre Pompidou. Exposition consacrée à des artistes prometteurs, et très instructive : face à la liste des noms, quatorze prénoms masculins, j'en avais conclu qu'il n'y avait aucune artiste prometteuse dans le monde aujourd'hui...
Bustamante renchérit (il faudrait tout citer de son texte inspiré, où l'on retrouve le souffle dix-neuviémiste et grandiose d'un Michelet ou d'un Renan) : «Oui, l'homme a besoin de conquérir des territoires, la femme trouve son territoire et elle y reste... Les femmes cherchent un homme, un homme veut toutes les femmes. La femme, dès qu'elle a trouvé son territoire, elle y reste... Les hommes sont toujours dans la recherche de territoires vierges.»
Selon un préjugé qui remonte aux premières ébauches d'anthropologie, la femme est faite pour l'espace privé (le foyer, le «personnel» que citera plus loin Veilhan) : en bref, l'intériorité vaginale et utérine. Comme si la forme des organes sexuels pouvait fonder une pensée. Une préhistorienne comme Claudine Cohen montre qu'il y a une fiction scientifique totale à penser que M. Cromagnon chassait le mammouth pendant que Mme Cromagnon l'attendait dans la grotte... Tous deux étaient, au mieux et au quotidien, grands chasseurs de féroces belettes.
Il est vrai que dès qu'une femme pénètre sur le soi-disant terrain des hommes, elle se fait traiter de «femme phallique» : c'est le terme de Macel pour décrire Louise Bourgeois. Par un sursaut de pensée historicisante, elle tente ensuite d'excuser ces pauvres femelles attardées : «Les femmes n'ont pu s'exprimer en tant qu'artistes que très récemment, à partir des années 1970, avant il en existait peu.» Sonia Delaunay, Maya Deren, Lili Brick, Germaine Richier, Barbara Hepworth... la liste pourrait être longue de celles qui étaient artistes avant les années 70.
Certes, une femme qui crée doit reprendre des outils ou une langue déjà formatés par un monde d'hommes, ce qui peut ajouter à la confusion de ceux dont la pensée est déjà confuse. Les dominés doivent en effet passer par le champ du dominant pour s'en extraire. Une alternative historique a été de réinventer les outils et symboles traditionnellement féminins, ce qui explique pourquoi les années 70 ont effectivement vu tant de tricots, de draps et de maisons, de sang cyclique et d'humeurs féminines mis en scène dans l'art. Sans rien enlever à leur formidable relecture des corps et des stéréotypes, Orlan, Bourgeois, Messager... ont toutes évolué ensuite dans leurs explorations.
Pourtant, Bustamante leur conteste toute capacité à la mobilité. Je continue à lire, de plus en plus étonnée, apprenant par exemple que Nan Golding n'a «plus vraiment bougé» une fois qu'elle a eu trouvé sa ligne. Mais c'est dans les généralités que Bustamante atteint sa vraie dimension épique : «Les hommes prennent des risques beaucoup plus grands, comme d'être détestés, d'être dans la polémique, d'être longtemps dans des champs difficiles.»
Mais peut-être que Bustamante a raison. A la façon stupide de Monsieur Homais : un discours insultant mais commode, immémorialement conventionnel. C'est tellement rassurant, que la femme reste à la maison ! Avec, en plus (aujourd'hui les femmes travaillent), ce grand frisson à peu de frais, d'avoir l'impression de dire des choses interdites... Aux hommes, donc, les choses difficiles ! Si la femme est faite pour le proche et le facile, c'est sans doute parce que son bébé la tète. Et ce doit être parce qu'elles sont frileuses que les femmes artistes «tricotent» tant, et parce qu'elles sont bornées qu'elles ne cherchent pas à conquérir des «territoires vierges». Il est vrai qu'on trouve encore des gens pour exclure Orlan du champ de l'art, ou Pipilotti Rist, ou Sarah Lucas... Ou pour dire qu'elles ne prennent aucun risque, surtout pas celui d'être détestées... Toutefois, cette notion de risque artistique qu'emploie Bustamante, je la connais bien : elle aussi date un peu, au moins soixante-dix ans, depuis la virile «corne de taureau» de Leiris.
Les femmes artistes seraient donc un peu popotes. Elles se «retranchent dans la case sociale où l'on veut bien les voir» (Veilhan). Mais si on inclut dans la notion d'artiste la musique ou les lettres, alors en effet, une Duras ou une Jelinek ont toujours eu peur de la polémique, une Björk a toujours creusé le même sillon, et Simone Weil était connue pour son côté plan-plan. Ce serait donc en art et strictement en art que les femmes ne sont bonnes qu'à produire des oeuvres au crochet ? Il est vrai qu'il y a les lois du marché... Les galeries, qui les exposent peu... Et certaines femmes elles-mêmes qui, dès qu'elles ont un petit bout de pouvoir, comme Christine Macel, intègrent magnifiquement les préjugés sur leur sexe.
Que les hommes et les femmes produisent des oeuvres différentes me semble une idée riche, intéressante, plus que le prétendu «neutre» souvent mis pour le mot «masculin». Mais comme par hasard, cette différence est généralement utilisée pour minimiser les oeuvres des femmes. Heureusement j'écris, je ne suis pas «artiste», sinon j'oserais penser que j'ai un cerveau, dont la forme n'est pas forcément celle d'une cavité utérine.

Article paru dans Liberation, le lundi 10 avril 2006.

Pour le plaisir, deux autres tableaux de la demoiselle (http://www.cfa-berlin.com/artists/dana_schutz/)


Fanatics, Dana Schutz.


Self Portrait as a Pachyderm, Dana Schutz.